Avant propos

Ce blog s'adresse à tous ceux qui sont confrontés à la souffrance engendrée par certains bruits, particulièrement les bruits "de bouche". Lorsque ceux-ci deviennent envahissants même pour des sons de faible intensité, la qualité de vie s'en trouve fortement altérée. Certains bruits même très fort sont par contre très bien tolérés. Ce syndrome est abrégé 4S pour Selective Soft Sound Sensibility (sensibilité selective aux bruits légers).

Ce blog a pour vocation principale de tenir au courant des avancées en matière de connaissance de ce problème qui est très mal connu à ce jour.

Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 14:30

Le docteur Marsha Johnson est audiologiste dans une clinique spécialisée (Oregon - E.U.) dans le traitement des acouphènes et de l’hyperacousie (Oregon tinnitus & hyperacousie treatment clinic).

 

Celle-ci a ouvert en 1997, et à cette époque, quelques cas qui se différenciaient des symptômes habituels de l’hyperacousie se sont présentés. Ils réagissaient vivement à des sons mêmes très légers associés généralement aux bruits de bouche (mastication, respiration, parole principalement).

Bien qu’il n’y eu au début qu’un nombre limité de personnes concernées, les consultations à ce sujet ont par la suite fortement augmenté.

 

Les premiers symptômes apparaissent généralement aux alentours de la puberté, avec des extrêmes variant entre 5-6 ans et 20 ans.

 

Il existe une prédominance féminine (70% des patients concernés sont des filles). Il y a souvent d’autres troubles associés, comme l’hyperactivité, de légers troubles obsessionnels compulsifs, anxiété…

En tant que groupe, il s’agit de personnes intelligentes et capables sans antécédents médicaux majeurs. Ils réussissent bien à l’école, aiment les sorties entre amis, et participent à de nombreuses activités.

 

En 2007 Marsha Johson a suivi personnellement 90 de ses personnes et a eu l’occasion d’entrer en contact avec plus de 200 autres personnes de part le monde entier.

Ces cas représentent environ 5% des consultations de la clinique. C’est nettement moins que pour les acouphènes et l’hyperacousie, mais le nombre de personnes concernées semble tout de même être important.

 

Comme la majorité des patients bénéficient d’une très bonne audition (et il ne semble pas y avoir de lien direct avec les acouphènes ni l’hyperacousie, même si ces troubles peuvent être aussi subit en même temps que le 4S).

Ils ont donc le plus souvent été orientés vers les services de psychologie et se sont vu souvent prescrit des anti-dépresseurs et calmants. Mais ces médicaments ont des effets secondaires gênants, particulièrement en ce qui concerne les enfants.

 

Les bruits considérés comme les plus insupportables sont associés à la bouche ou au nez. Un questionnaire portant sur le(s) bruit(s) le moins bien supporté(s) regroupe à ce jour 1853 réponses qui se répartissent de la manière suivante :

-         18% bruits de mastication

-         9% bruits de respiration

-         3% sons mécaniques

-         4% ordinateurs ou bruit des appareils électroniques

-         5% paroles, dont les sons S ou P

-         4% robinet qui goutte ou bruits de plomberie

-         8% raclements de gorge

-         16% chewing-gum ou claquement de langue/lèvres

-         6% bruits de quelqu’un qui se ronge les ongles

-         3% bruits de claquement des talons lors de la marche

-         3% personnes qui fredonnent ou émettent des bourdonnements

-         7% bruits des couverts : fourchettes, couteaux…

-         8% autres sons

 

Les réactions émotionnelles sont très importantes, ressentant souvent de la colère voire de la rage, la victime peut en pleurer, crier, se sauver, voire même insulter ou frapper les autres dans un effort désespéré de se soustraire à ce qu’elle ressent comme une torture. Un des patients décrivait sa sensation comme étant celle d’un million d’ongles crissants sur des tableaux noirs, un enfant verbalisait sa sensation comme des piques qui lui perçaient et lui déchiraient le crâne.

 

L’importance des réaction impacte fortement le bien être de la victime, de sa famille, de sa scolarité, et limite ses possibilités d’épanouissement futurs. Il y a rupture marquée dans la vie des personnes concernées avec clairement un « avant » le 4S et un « après » le 4S.

De nombreux patients font de gros efforts pour cacher leur problème à l’extérieur d’un cercle très restreint des proches. Certains éprouvent de la culpabilité voire de la honte lorsqu’ils sont confrontés aux bruits qui déclenchent chez eux cette réaction émotionnelle. Surtout lorsqu’il s’agit d’une réaction de colère d’ailleurs. Cette colère n’est pas logique, le patient n’en comprends pas les raisons mais n’a aucun moyen d’empêcher l’émotion de se manifester. Le comportement visible ne montre donc pas forcément les réactions de colère ressenties puisque la victime peut chercher à les contenir, voire retourne cette colère contre elle-même.

 

Le dîner en famille devient impossible et s’ils le peuvent les victimes du 4S s’isolent pour manger. La seule vue de quelqu’un levant sa fourchette pour se préparer à manger peut provoquer une sensation insoutenable et besoin impératif de fuir.

 

Souvent les réactions s’installent très rapidement, sur quelques jours voire même du jour au lendemain. La veille le dîner en famille ne posait pas de problème et tout d’un coup il entraîne une douleur morale qui généralement s’amplifie rapidement. Rien que l’anticipation de l’évènement redouté à cause du bruit se met à provoquer une forte anxiété.

 

La victime va donc se mettre à écouter de la musique mp3 à la moindre opportunité, voire à ne supporter les repas ou autres bruits désagréables qu’avec une musique de fond ou télévision à volume sonore élevé pour couvrir les sons détestés.

 

Un traitement, développé par le docteur Pawel Jastreboff dans les années 80 pour traiter les patients hyperacousiques est porposé aux E.U. dans cette clinique spécialisée pour tenter de traiter le 4S.

Il utilise principalement des générateurs de bruit blanc (bruit émis avec la même intensité sur toutes les fréquences auditives perçue par l’être humain) et sollicite l’aide de la famille.

Il s’agit d’un appareil porté derrière l’oreille et le son émis couvre donc en partie les bruits gênants et permet alors au patient d’en détourner son attention.

Le site internet fait état d’une amélioration significative pour ¾ des personnes. Le coût d’un traitement de deux ans semble osciller entre 2000 et 3000 dollars.

 

Sources : http://www.tinnitus-audiology.com/softsound.html

sound sensitivity.ptt qui se trouve dans le répertoire Files rubrique « articles on sound sensitivity » du groupe de discussion Yahoo sur le sujet.

Sondage (polls) du même groupe de discussion

Par Mintaka
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 14:39

Par Mintaka
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 17:33

J’ai aujourd’hui 35 ans. Mes premiers souvenirs d’intolérance aux bruits remontent à l’age de 7 ans. Nous étions autour de la table avec mes parents et mon frère, et le bruit de mastication que faisait mon père en mangeant m’est devenu insupportable.

 

Quand je l’ai mentionné, mon père l’a dans un premier temps très mal pris et n’a plus voulu me parler pendant quelques jours. Je m’en voulais beaucoup et je me sentais dans une grande détresse, d’autant plus que les symptômes empiraient. Ce simple son provoquait chez moi un fort sentiment de colère contre la personne qui l’émettait.

 

Ma mère me disait qu’elle aussi était gênée par ce bruit, mais qu’il ne fallait pas faire attention et que dans tous les cas il était hors de question que je n’assiste pas aux repas familiaux et aux invitations chez leurs amis à manger. Je ne me sentais pas comprise et pire encore même pas crue dans l’intensité de ma souffrance : il s’agissait d’un caprice ou bien j’exagérais uniquement pour que l’on s’occupe de moi.

 

Les repas étaient devenus pour moi un enfer, une véritable torture. Et il était maintenant devenu tacite que je n’avais pas le droit d’en parler, ni de me plaindre, et encore moins de le montrer en serrant les poings ou par quelque attitude extérieure. Quand je sortais enfin de table j’allais pleurer dans ma chambre pour évacuer toute la tension nerveuse accumulée.

Je me sentais profondément incomprise et en même temps honteuse d’être comme ça. Très coupable aussi d’avoir fait du mal à mon père que j’aime beaucoup parce que je me suis focalisé sur sa façon de manger. Mais je n’étais pas au bout de mes peines…

 

Petit à petit le son de ma mère qui parlait la bouche pleine me devint lui aussi très désagréable à entendre, pas comme la mastication bruyante de mon père, mais tout de même difficile à supporter. Ces émotions restaient cantonnées au cercle familial et les bruits de bouche des autres personnes m’étaient bizarrement eux totalement supportables.

 

Au collège, plusieurs années après, je me suis aussi rendue compte avec effroi que je ne supportais pas non plus entendre les autres mâcher bruyamment leur chewing-gum. J’ai alors commencé à chercher tous les moyens de m’installer le plus loin possible de ceux que j’avais repérer comme des danger pour mon bien être et même pour ma scolarité même. Effectivement, plus moyen de me concentrer avec ce type de bruit à mes oreilles, même faible. Je me souviens de l’épreuve de philosophie au bac, pourtant l’une de mes matières principales et qu’en plus j’aimais beaucoup. Je m’assoie à la place au deuxième rang qui m’était désignée et là horreur, je me rends compte que la fille au premier rang mâche du chewing-gum de la pire manière qui soit pour moi, en faisant du bruit ! Impossible de me focaliser sur autre chose que ce son mouillé et qui claquait comme un coup de fouet à mes oreilles. J’avais tellement honte qu’il était hors de question pour moi de lui demander le poser son chewing-gum, j’étais pétrifiée et la panique montant en moi au fur et à mesure que le temps passait et que je n’étais même pas capable de lire et comprendre le sujet de la dissertation philosophique. Mon esprit était comme embrouillé, la souffrance et la peur me paralysaient complètement. J’avais envie de partir, mais ça voulait dire un zéro dans ma matière principale, et donc mon bac raté. Heureusement pour moi (et malheureusement pour elle), la fille est partie au bout d’une heure sans avoir écrit une ligne. Il me restait trois heures pour rédiger et là plus aucun problème d’un coup, tout était redevenu clair dans ma tête, les idées venaient facilement et s’enchaînaient logiquement.

 

Durant toutes ces années, lors du repas familial, je me promettais que je serais partie de chez moi le jour de mes 18 ans maximum, et que plus jamais alors je ne m’infligerai ce type de supplice.

J’ai donc arrêté les études à 17 ans le bac en poche et cherché du travail de façon a être autonome. Je suis partie vivre avec mon copain et durant un certain temps ce problème c’est considérablement atténué. Lui était souvent absent car il travaillait souvent de nuit ou sortait avec ses copains, je mangeais souvent seule. Il n’y avait plus que les gens qui mâchaient bruyamment du chewing-gum m’importunaient, et c’était devenu même supportable sur une courte durée (moins d’une heure).

Lorsque cette histoire c’est terminé j’ai emménagé dans la maison de mes grands-parents en attendant d’avoir un logement à moi. Comme j’ai rencontré le futur père de mes enfants à cette époque, nous avons emménagés ensemble.

Nous sortions beaucoup et comme j’avais plus de besoin de sommeil que lui, je me suis rapidement sentie très fatiguée. Un matin, encore dans un demi-sommeil, j’entends un bruit répétitif clic, clic, clic… Au bout d’un temps je suis tellement énervée par ce bruit que je me lève et je comprends qu’il s’agit des clics de souris du premier ordinateur que j’ai eu chez moi. De cet instant, je n’ai plus supporté les clics de souris de mon (maintenant ex-) mari.

D’autre part, il s’avère que son père partageait avec le mien, outre le goût de la bonne chair et un bon appétit, cette façon de mastiquer avec la bouche ouverte et en faisant claquer sa langue et ses lèvres bruyamment. Pourtant je le trouve très sympathique ce monsieur à part ce « détail ».

J’ai eu le bonheur d’avoir deux enfants, mais je me sentais de plus en plus fatiguée par les trop courtes nuits, par la nécessité d’être productive au travail. Pour mon malheur, les repas avec sa famille tout comme avec la mienne ont commencés à être fréquents. Je ne pouvais plus m’isoler pour pleurer, il fallait s’occuper des petits. Et eux comprenaient manifestement que quelque chose n’allait pas, ils pleuraient de plus belle.

 

C’était redevenu horrible pour moi, et je ne tenais même pas ma promesse faite à moi-même de ne plus jamais accepter de me retrouver dans cette situation. Mais comment expliquer la torture que je vivais, alors que mes premières tentatives enfant se sont soldées par des échecs de la communication et une culpabilité accrue qui se rajoutait à une douleur morale déjà insupportable.

J’avais totalement perdue confiance dans la capacité des autres à me témoigner de l’empathie et de la compréhension sur ce sujet et la honte que je ressentais était forte, je me sentais « pas normale », pas comme les autres, et en tout cas pas comme « j’aurais dû » être.

Des sentiments dépressifs se sont progressivement installés, je me sentais bloquée, prise au piège sans pouvoir me défendre. Dans les transports en communs, j’étais toujours en tension, à la recherche d’un éventuel chewing-gum, rien que l’odeur me dégoûtais et me donnais envie de vomir. J’ai connu des douleurs au ventre si insupportables que j’en perdais connaissance, je sais maintenant qu’il s’agissait de crises d’angoisse.

Au travail, les bruits de ma chef, juste derrière moi qui tapait à toute allure sur son clavier alors que je me sentais à bout de force et minée par la peur de ne plus y arriver tellement mon épuisement physique et mental était grand. C’était nouveau ce bruit là ! Je n’y avais jamais prêté attention avant, et pourtant elle tapait bien de la même façon.

Mon médecin généraliste m’a prescrit des anti-dépresseurs, mais ça allait de pire en pire, il augmentait les doses, changeait de molécule, mais rien n’y faisait. Je me sentais sombrer. Je perdais confiance en la vie, en moi et en les autres. Et je ressentais le bruit comme envahissant, et mes réactions s’étendaient à d’autres sons, de plus en plus. La sonnerie du téléphone, les coups de marteau, les cris des enfants, les reniflements, même la respiration des autres me devenait intolérables. Je me disputait souvent avec mon mari, et je n’avais pas non plus réussit à trouver les mots juste pour lui faire comprendre l’intensité de ma douleur.

Un jour, j’ai voulu être certaine que j’aurais le courage d’en finir, vivre une vie entière comme ça était impossible, je n’arrivais plus à m’occuper sereinement de mes enfants, je m’en voulais horriblement.

A l’époque j’ai tenté de lancer un appel à l’aide sur un forum de discussion. Pas de chance c’est un troll le premier à m’avoir répondu concernant un post, le premier post de ma vie sur le net. Il m’a répondu d’un ton ironique qu’il y avait beaucoup de malheur de narrés dans ce genre de forum et que moi je venais me plaindre de bruits ! De simples bruits ! Voilà, j’étais en fait qu’une égoïste, qui ne pensait qu’à moi.

 

En écrivant c’est lignes c’est très très dur pour moi, je suis en pleurs. Tout ce que j’écris ici a été une telle épreuve, une telle souffrance, et cette impression de me sentir seule, totalement seule même (et surtout) entourée d’autres personnes. Comme si la communication était brisée, comme si je ne pouvais pas leur faire comprendre l’intensité de l’horreur que je vivais.

Ces sons me transperçaient le crâne, me détruisent. Quand j’étais enfant ma mère me reprochait d’exagérer, d’employer des mots trop forts pour décrire ce que je ressentais, et bien non ce ne sont pas des mots trop fort. Quand même la perspective de la mort devient douce par rapport à cette torture mentale, quand la première comparaison qui me vient à l’esprit c’est d’être brûlée vive et de vouloir en finir au plus vite même si ça doit être sans retour, et bien je pense que les mots « torture », « insupportables », « souffrance extrême » ne sont pas trop forts !

 

J’ai été hospitalisée pour grave dépression. J’ai pris un petit studio sur Paris pour me reconstruire. Au bout de six mois ça allait mieux, au bout d’un an très bien, tellement bien que j’ai pu arrêter les médicaments et que même en les arrêtant, les bruits devenaient supportable. Pas agréables ni même neutres, mais tolérables sur une courte durée. J’ai arrêté d’être focalisé sur les sons.

 

J’ai rencontré quelqu’un, et au début j’ai été sur un petit nuage de bonheur. J’avais besoin de temps pour me reposer, pour m’occuper de mes enfants, mon travail était très prenant, j’avais des amies qui comptent beaucoup pour moi, ma famille aussi. Il m’en voulait énormément de ne pas être assez disponible pour lui. Malgré mes efforts et le sacrifice de mon sommeil, malgré d’autres sacrifices, la vie en commun était source de conflits continuels. J’ai rechuté, et un nouveau bruit est apparu sur ma « liste noire », un bruit auquel je n’avais jamais pensé mais qui a littéralement plongé ma vie dans un cauchemar sans fin. Je ne supportais plus les bruits de conversation, de télévision, bref, tous les bruits habituels qui concernent aussi bien le dehors que mon appartement très mal isolé. J’entendais les conversations à voix normale de mes voisins, leurs enfants qui se réveillaient la nuit, absolument tout. Par rapport à mon enfance, il y avait les lecteurs mp3, une grande aide pour moi. Je suis même obligée de le mettre au travail, et fort sinon je ne pourrais plus travailler de toute façon, il me faut même retravailler les fichiers audios pour que le son soit au maximum. Et j’ai des gros casques anti-bruits aussi chez moi, il m’est même arrivé de les mettre à l’extérieur : j’en était arrivé à un point ou même le regard étonnés des autres ne me faisait plus reculer. Au moins je ne pouvais pas entendre leurs commentaires.

Je cumulais les protections, boules quies + casque anti-bruit ou mp3 + casques… Je ne voulais pas mettre le son extérieur trop fort parce que j’avais peur de voir les voisins débarquer en colère à cause du son de ma chaîne-hifi ou de ma télé.

J’ai été longtemps dans un état d’épuisement intense, j’avais pris 20 kilos en 2 ans de vie commune. Après le déménagement de mon ami en février 2008, je me suis retrouvée seule chez moi, ça a été un peu mieux mais je restais exténuée tout le temps. Au travail j’avais beaucoup de mal avec les cadences, et même en travaillant 10 heures par jour je n’arrivais pas à terminer ce que l’on me donnait à faire.

 

J’ai craqué il y a deux mois, mais cette fois-ci je suis suivie par une équipe médicale qui m’aide énormément, dont la psychologue que je vais voir régulièrement et qui m’a beaucoup soutenue. C’est grâce à elle que j’ai repris confiance dans les autres et un peu en mes capacités à leur expliquer ma détresse sans qu’elle soit niée ou simplement pas comprise dans son intensité.

Après deux mois de repos dans le calme le plus complet je me remets doucement.

Au niveau des bruits ça va un peu mieux, mais je ne suis pas tranquille, je sais que ça peut revenir insupportable à la faveur d’une fatigue importante.

 

Voilà pourquoi il est très important pour moi que l’on se réunissent pour s’entraider, même si nous souffrons tous d’une manière différente de ce problème et avec des intensités aussi très variables.

Je n’ai eu que très peu de contacts à ce jour à ce sujet sur internet et j’ai donc décidé de m’inscrire quand même sur le groupe yahoo malgré mon anglais approximatif. Mais je n’ose pas poster en anglais plus d’un mot ou deux L

 

Voyant que le forum créé à la suite d’une longue discussion sur doctissimo à laquelle je n’avais pas participé n’a pas été fréquenté depuis mon inscription il y a un mois, j’ai fait des recherches. Il y a assez souvent des messages sur le sujet de 4S, mais dans des forums différents (Phobies, Anxiété, TOC, audiologie…), et aucun site en français sur le sujet.

 

J’ai lu des messages de mamans qui s’inquiètent pour leur enfant qui se met d’un coup à ne pas supporter les bruits de mastication, des messages de personnes directement concernées qui souffrent, les messages de proches qui veulent comprendre et qui en souffrent aussi, et quelques messages d’insultes aussi de la part de personnes qui ne semblent pas avoir compris la souffrance et les difficultés rencontrées par ceux qui sont victimes du 4S.

 

J’ai songé à moi enfant, et à cette incompréhension voire de rejet de la part de ceux que j’aimais et sur qui je comptais pour me soutenir et m’aider dans ma douleur. Je me suis dis que si ce trouble avait été connu, la vie aurait été plus facile pour moi à l’époque.

 

Dans les messages des mamans sur le groupe de discussion il semble que même avec de l’écoute, de la compréhension familiale et avec l’aide des médecins, il y ai malgré tout augmentation des symptômes avec le temps.

 

En revanche, quand je pense à tous les enfants ou ados qui vivent ce calvaire au quotidien, je me dis que d’informer leur famille pourra peut-être leur éviter la honte que j’ai moi-même éprouvée de façon si intense. Je ne sais même pas exactement les effets collatéraux et l’impact sur ma personnalité et ma vie de cette sensation de torture et d’impossibilité de dialogue que j’ai expérimenté.

 

Je suis une petite trouillarde et même si j’ai effectué moi-même la traduction et compilé les informations des sites anglais sur le sujet j’avais peur de les mettre en ligne parce que je n’ai aucune idée des limites du droit international sur ce point. Je craignais d’avoir des problèmes de droits d’auteurs à cause d’un site qui avait nécessité chez moi un investissement en temps important et sur lequel je ne veux en aucun cas toucher le moindre centime, directement ou indirectement.

J’ai hésité, mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas me dire que je ferme les yeux sur la souffrance de tant de personnes pour une raison pareille.

 

Je ne sais pas ce que ça donnera, si le temps que j’ai passé sur ce blog pourra un jour aider quelqu’un, mais je l’espère sincèrement.

 

Véronique.

Par Mintaka
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 20:53

J’ai eu ce matin une discussion que je trouve très intéressante concernant le 4S avec la psychologue qui m’aide à comprendre mes réactions et à y faire face. Son écoute m’est précieuse et ses conseils ont souvent été très judicieux pour moi. Comme tous les psychologues en France, elle n’a connu que quelques cas de 4S au cours de sa carrière mais par contre de nombreuses personnes victimes de psychoses qui ont un problème différent mais aussi lié aux sons puisqu’ils entendent des sons qui n’existent pas dans la réalité.

 

Voilà son hypothèse concernant le 4S :

 

Il s’agirait d’une sensibilisation précoce de la fonction auditive associé à des situations angoissantes pour les très jeunes enfants.

 

Son analyse se fonde d’une part sur le côté très primitif du son qui laisse présager un problème antérieur à la capacité de parler et de conceptualiser chez l’enfant. Par exemple une phobie des araignées peut-être considérée comme plus « évoluée » car son activation nécessite déjà une certaine habilité du cerveau. Ainsi, elle se situe à un stade plus avancé du développement de l’enfant. Les bruits eux sont perçus par le nouveau né sans aucun contrôle ni possibilité de s’y soustraire.

 

Elle m’a expliqué un exemple qui peut développer ce type de syndrome qu’es le 4S. Imaginons que vous allez voir un bébé. Instinctivement vous ne l’aimez pas, vous ressentez un sentiment de rejet envers lui parce que vous détestez sa mère, vous le trouvez laid, ou bien il vous rappelle quelque chose de négatif… Vous vous raisonnez et vous dites que ce n’est qu’un enfant sans défense et qu’il n’est pas responsable de votre émotion à son égard.

Vous faites donc un effort et tentez de lui parler gentiment. Votre voix sera plus douce et plus aigue comme lorsque l’on s’adresse à un nourrisson, mais votre attitude ne pourra contrôler totalement votre rejet.

Un bébé n’a pas accès à la parole et ressent très bien les attitudes ambivalentes. Il n’a par ailleurs aucune de défenses vis-à-vis de celles-ci.

 

Si cette attitude est l’œuvre d’une personne proche, la mère, le père, la personne qui s’en occupe de façon habituelle, l’enfant développera petit à petit soit un sentiment de méfiance vis-à-vis de ce qu’on lui dit et se mettra à douter de la réalité, soit apprendra à focaliser son attention sur ces sons en les associant à un malaise général très grand. Sans protection, il sent très bien que le risque de rejet est là, et par une personne dont son bien-être dépend entièrement. L’angoisse est présente et il va prendre l’habitude de façon obsessionnelle de se concentrer sur les sons émis par les humains qui l’entourent.

 

Il s’agit clairement d’un comportement obsessionnel et les premières interactions du jeune enfant avec le monde extérieur a crée des modifications au niveau du cerveau qui privilégie de plus en plus ce mode de sondage continuel des bruits.

 

C’est la façon de réagir, par la mise en doute de la réalité ou bien par la focalisation anxieuse sur les sons qui, dans le premier cas, se retrouve dans certaines psychoses, et dans le deuxième cas conduit au 4S.

 

Cette hypothèse exclue les composantes génétiques ou congénitales qui postulent une organisation du cerveau déjà « câblé » pour faire des liens entre les sons et des émotions douloureuses, voire intolérables.

 

Seules des études plus poussées pourraient petit à petit réduire le champs des diverses hypothèses qui ont actuellement le grand mérite de permettre une réflexion sur le sujet et donc l’espoir d’avancer dans sa compréhension.

Par Mintaka
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 20:59

Après l’intérêt d’un médecin de la House Ear Clinic spécialisé dans les maladies génétiques qui propose de mettre en place un questionnaire, une personne membre du groupe Yahoo a posté une lettre émanant du NIH (National Institut of Health) qui semble extrêmement prometteuse pour entamer des recherches sur le 4S.

 

Il s’agit d’un programme concernant les troubles non diagnostiquées, la section des maladies rares. Ce programme nécessite au moins 40 personnes recommandées par un médecin (avec 800 inscrit, j’espère qu’il y aura assez de monde pour se lancer !).

Le 4S semble beaucoup les intéresser et ils comptent sur une participation importante.

 

Une personne travaillant au NIH a mentionné un cas qui a été étudié par leurs soins. Il s’agit de femmes qui à chaque retour de croisière sur un bateau, ressentaient sur la terre ferme des vertiges permanents et une sensation d’étourdissement.

Lorsqu’elles consultaient un médecin, celui-ci leur disait qu’il ne devait certainement pas y avoir de relation avec la croisière et leur donnait des médicaments contre les symptômes évoqués.

Après étude par le NIH, il s’avère que ceux-ci sont provoqués par un problème dans l’oreille interne, et un traitement est en cours de recherche actuellement.

 

Il est certain que mieux connu, avec l’utilisation de techniques comme l’IRM (énergie par résonance magnétique) ou le TEP (tomographie par émission de positrons), un éventuel traitement aura plus de chance de voir le jour.

 

Aux dernières nouvelles, le docteur Marsha Johnson, actuellement la spécialiste mondiale du 4S, a pu parler avec le docteur Rick Friedman, de House Ear Clinic et ils ont prévu de se re-contacter à ce sujet. Celui-ci semble aussi très intéressé au vu du nombre important de personnes concernées au niveau mondial, pour entamer des recherches et pour établir s’il existe un lien génétique dans l’apparition des symptômes.

Par Mintaka
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